La culture de la vérité comme force personnelle et professionnelle
Es-tu un menteur ? Si je pose cette question à quelqu’un, ce qui constitue déjà une prouesse, sa réponse ne pourrait être que du genre ” un peu comme tout le monde ” ou alors “oui et toi tu ne ment jamais ?” si si ! et que ça finisse en franche rigolade et hop on passe à du banal, au consensuel. En revanche quelqu’un qui vous répondrait le plus sérieusement du monde “oui je suis un menteur” sans autre justification, doit surement être un rare parmi les rares. J’imagine très bien aussi le cas de l’intellectuel qui répondrait “mais oui évidemment nous mentons tous, tout dépend du mobile du mensonge”. Décodage : si on invente de faux prétextes pour refuser un diner par exemple, on ne peut pas être blâmé; c’est même considéré comme fort louable puisque ça évite “le non merci mais je te trouve inintéressant”, ça évite de blesser l’autre. Mais en y réfléchissant bien, ça ne rend pas service au débouté, puisque la vraie raison ne lui pas été délivrée, du coup il perd une chance de connaitre réellement ce que pensent de lui les autres. Un autre exemple de mensonge ordinaire : nous avons tous au moins une personne dans notre entourage que nous trouvons pas classe, gonflée voire insupportable et pas forcément en raison de son comportement à notre égard mais d’une façon générale, il mange comme un porc par exemple, ou elle est disgracieuse comme un morceau de béton ou encore il ne parle que de ses exploits jamais de ses faiblesses… Et pourtant, lorsqu’on croise cet “être”, notre sourire est bien là, aucune mention de nos vrais sentiments, de la pure hypocrisie. Nous nous privons de dire ce qu’on pense et eux de savoir ce qu’on pense d’eux. Ce qui est, avouons le, un vrai gâchis !
Ces non-dits, qui sont des mensonges, occupent une part beaucoup plus importante qu’on croit dans la façon dont l’humanité évolue. C’est valable dans tous les domaines. Pour vendre par exemple un produit ou un service, on ne va pas mettre en avant les points faibles mais plutôt les points positifs. Je prend un exemple : celui du désodorisant (c’est le premier qui me vient à l’esprit allez savoir pourquoi !) on nous dit nulle part qu’il dégage une sorte de vapeur dans l’air, ce que personnellement je trouve gênant et désagréable. En revanche on nous dit volontiers et à coups de millions (via la pub’ et la com’) qu’il sent super bon et qu’il dure vachement longtemps.
En politique pareil, aucun contrôle officiel sur les promesses des candidats. Segoléne Royal avait parlé pendant la campagne présidentielle de comités citoyens. On lui avait ri au nez. Elle n’en a plus jamais reparlé. Et pourtant quoi de plus légitime que de demander des comptes à un élu qui nous représente ? Les promesses, via les campagnes électorales, coûtent des millions financés notamment par les dotations publiques aux partis politiques et leur remboursements (ndlr les frais de campagne) à partir de 5% ou 3% des suffrages exprimés. Pour répondre en revanche à la question de savoir qu’en est advenu des promesses cinq ans plus tard, pas de budget, pas même d’organisme, que dis-je même pas une réflexion !
En conclusion, je dirai que le plaisir de connaitre la vérité et de dire la vérité, doit inspirer et guider nos démarches aussi bien professionnelles que personnelles parce que la vérité est unique, indivisible, éternelle alors qu’autour d’une vérité, on peut créer des milliards de mensonges et de non-dits et celà durant des millénaires. La vérité fait la force de celui qui la détient notamment parce qu’elle lui permet de moins se disperser en lui fixant un sens, une direction. Que dire alors de celui qui en ferait son quasi-quotidien!
K.K.









