La menace du “dépôt de plainte”
Lorsque je lis (et celà arrive malheureusement de plus en plus souvent) qu’une plainte a été déposée, pour une raison ou une autre, mon petit cerveau s’inquiète de 3 choses : 1) ça coûte de l’argent. 2) ça ralentit encore plus la justice. 3) la confiance et la fraternité entre citoyens en prend un coup.
Aujourd’hui par exemple, j’ai appris que l’association Française contre les Myopathies (AFM) allait déposer plainte pour diffamation contre Pierre Bergé qui avait notamment accusé le Théléton de “parasiter la générosité des Français” ( lire l’article complet sur la tribune de Genève ). Il y’a aussi beaucoup de menaces de dépôt de plainte, beaucoup aussi qui étudient, qui se réservent la possibilité de déposer une plainte. Dans un monde de plus en plus rapide, virtuel et anonyme, la menace du “dépôt de plainte” est devenue une sorte d’arme de dissuasion à dénigrer, à dire n’importe quoi sur n’importe qui. Pourquoi seulement dissuasive ? Raisonnons par l’absurde et supposons que tous ceux qui se sentiraient blessés, à juste titre ou pas, par des propos publiés et buzzés déposaient une plainte, que se passerait-il ? Saturation de la machine judiciaire à coup sûr et des délais d’attente de l’ordre des années lumières pour espérer un verdict. Et qu’est ce qui se passerait si un diffamateur Français décidait de délocaliser son hébergement au panama pour diffamer tranquille et à volonté ? Où déposer plainte dans ces cas là ? Il est par conséquent évident que tous les dépôts de plaintes, en diffamation notamment, ont d’abord un caractère dissuasif. Tiens, je pense aux magazines People, eux ils sont encore plus fort, ils anticipent le dépôt de plainte et financent en amont le coût des dommages à venir par l’augmentation des ventes engendrée justement par une “atteinte à la vie privé d’un citoyen”. Tout un art de la “gestion” du droit, que le citoyen lambda isolé ne maîtrise pas.
La justice est garante de l’application du droit et de la loi en général. Il me semble que cette fonction est l’une des plus fondamentales pour la démocratie et pourtant je la perçois comme manquant de tout : de moyens, de modernité, de renouvellement, de présence, voire d’omniprésence dans la vie quotidienne des citoyens. Le premier devoir de la justice serait de garantir au citoyen une période minimale pour rendre son verdict. Cet engagement sur un délai minimum n’est pas du tout d’ordre politique mais d’ordre financier.
K.K.









